Musée à l’école

Aujourd’hui, Anne-Marie, passionnée d’Histoire, a installé à l’école un petit musée sur la Grande Guerre. Les élèves de CE2 et CM1 ont pu voir des objets, des armes (démilitarisées), des vêtements, des lettres, des cartes, des médailles, etc. et ont pu échanger avec Anne-Marie, merci à elle d’avoir pu venir nous rencontrer, son emploi du temps est bien rempli, d’avoir partagé de façon chaleureuse et très adaptée sa passion pour l’Histoire et son savoir.

Voici quelques notes prises.

 

Pourquoi « poilus » ? Parce que les soldats dans les tranchées vivaient dans des conditions d’hygiène très difficiles et aussi parce que « poilu » désigne familièrement quelqu’un qui a de l’expérience, du courage.

 

Au début de la guerre, les soldats étaient habillés en rouge et bleu (ou noir) avec un képi, uniforme hérité de la guerre de 1870. En 1915, ils seront habillés de bleu horizon et le casque apparaîtra. Le soldat allemand portait déjà un uniforme gris ou vert beaucoup plus discret, le casque allemand (casque à boulons) sera aussi plus abouti avec une protection de la nuque. Les premiers casques allemands étaient des casques à pointe, la pinte servant de protection contre les coups de sabre et d’aération (elle était trouée). Le soldat allemand était équipé de bottes. Le soldat français fut d’abord équipé d’une cervelière (coque en fer protégeant la tête sous le calot) avant d’avoir un casque (modèle Adrian) avec l’intérieur en cuir.

 

Le soldat français portait des chaussures à semelle cloutée avec des bandes molletières, une capote venait compléter l’habillement. Il portait aussi un bracelet avec son matricule.

 

Les soldats avaient dans leur paquetage (leur barda) une gamelle commune « plat à 4 » qu’ils portaient à tour de rôle, un récipient réserve d’eau (le bouthéon) ou une gamelle individuelle.

Ils avaient un sac à dos, havresac, qui contenait les chemises, les pantalons, la couverture, les ustensiles individuels, de quoi coudre (la cousette), etc. Ils avaient un ouvre-boîte, le « singe ». Le bouthéon était derrière, le quart était accroché à la gourde recouverte de tissu camouflé. Ils portaient à la ceinture trois cartouchières. Le soldat portait environ 30 kg sur lui. Tout cela constituait le « barda ».

 

La musette est un petit sac dans lequel le soldat rangeait son tabac, son rasoir avec son blaireau, son savon, etc.

 

Les soldats dans les tranchées fumaient plutôt la pipe, moins repérable à la vue que la cigarette (le bout de la cigarette est incandescent et donc repérable dans la nuit).

 

Le harnachement était ce qui retenait les affaires des soldats.

 

Le brêlage (ou brellage) est constitué des sangles et bretelles servant à porter l’arme à feu ou le matériel.

 

La lanterne avait des carreaux en mica.

 

Les fusils français étaient de marque Lebel ou des fusils de 1870. Le Lebel mesure 1,30 m et pèse environ 4,5 kg. Les officiers étaient équipés du pistolet Ruby à chargeur de 8 balles. Ils avaient aussi une paire de jumelles.

 

Le fusil allemand était de marque Mauser.

 

Les soldats avaient surnommé leur baïonnette « Rosalie ». Elle mesure 52 cm. Le crochet de la baïonnette est le quillon. Le quillon a été ensuite supprimé car il gênait pour attraper la baïonnette.

 

Les soldats fabriquaient eux-mêmes de nombreux objets ou armes : des briquets à partir de douilles, des coquetiers, des cannes ouvragées, des grenades, etc. Ils portaient des breloques avec la photo de leur fiancée ou de leur famille. Ils reprisaient eux-mêmes leurs vêtements, ils avaient de quoi coudre dans la cousette. Ils écrivaient à leurs familles.

 

Ils mangeaient le rata (soupe de bas avec de la viande ou du poisson et des patates ou du riz) ou du « singe » (boîtes de viande de bœuf). Ils gagnaient entre 25 et 50 Francs par mois.

 

Ils étaient équipés de masque à gaz en cas d’attaque au gaz. Les verres étaient en mica.