Âgé ?

 

Nous correspondons avec les résidents de l’E.H.P.A.D. des Serpolets : plusieurs rencontres et moments de partage intergénérationnels sont prévus sur l’année avec un thème de départ qui est l’école, les souvenirs d’école, etc.

Jeudi matin, nous avons eu une discussion en classe sur la vieillesse et la jeunesse …

Extrait de la discussion :

https://ahp.li/8926848f7f679f68cea7.wav

(cliquer sur le lien)

 

Le maître nous a proposé aussi deux phrases pour réfléchir que nous avons commentées.

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. » Henri Estienne

« Pain de vieillesse se pétrit pendant la jeunesse. » Proverbe auvergnat

 

En CM1

 

 

 

 

 

Aller à l’école …

Nous avons vu en classe le film documentaire « Sur le Chemin de l’École ».
Tous les enfants ne vont pas à l’école dans le monde : leurs familles n’ont pas les moyens, l’école est trop loin, ils travaillent pour aider leur famille ou ils travaillent comme des adultes (en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud), le pays est en guerre (Moyen-Orient, Syrie).

 

Jackson et sa sœur Salomé vivent au Kenya, dans la savane. Ils vont tous les jours à l’école, ils doivent parcourir 15 kilomètres à pied pendant 2 heures. Leur journée commence à 5h30. D’abord, ils aident aux tâches ménagères quotidiennes : ils vont chercher l’eau en creusant le sol, ils aident les parents à faire du charbon, ils n’ont pas l’électricité, etc. Ensuite ils partent pour l’école. Le chemin est dangereux, ils doivent éviter les éléphants et les autres animaux … Ils portent un uniforme. Dès l’arrivée à l’école, il y a la cérémonie du drapeau et ils chantent l’hymne national. Ensuite, ils font une prière. Ils sont très croyants. Les classes sont mixtes mais garçons et filles sont séparés dans la classe. Ils ont peu de matériel. Pour les enfants qui vont à l’école, c’est très important car ils veulent apprendre pour réussir plus tard, ils vont devenir plus intelligents, plus vaillants, plus forts, plus instruits. Jackson rêve de devenir pilote d’avion. Il a obtenu une bourse.
Zahira a 12 ans, elle vit au Maroc, dans le Haut-Atlas, au-dessus de la vallée d’Asni. Elle va à l’école avec Noura et Zina, elles doivent parcourir 22 km à pied puis en stop, cela dure 4 heures. Elles sont pensionnaires. Elle prend une poule pour l’échanger contre de la nourriture pour la semaine. L’école ne semble pas mixte. Elles portent une blouse. Sa grand-mère n’est pas allée à l’école, elle a appris le coran à la mosquée. L’école est importante pour réussir, avoir un meilleur métier, avoir de l’instruction. Zahira voudrait devenir médecin. Elle va dans les villages pour convaincre les familles d’envoyer leurs filles à l’école.

 

Carlos a 11 ans, il vit en Argentine, en Patagonie, avec ses parents et sa sœur Micaela. Ils vont à l’école tous les jours, à cheval, doivent parcourir 18 km en 1h30. Leurs parents sont éleveurs de chèvres. Eux aussi sont très croyants, son père lui donne un ruban porte-bonheur pour le trajet. A l’école, il y a d’abord la cérémonie du drapeau. Ils portent une blouse. Carlos voudrait devenir vétérinaire, il va partir en internat. Micaela voudrait enseigner.
Samuel a 13 ans, il vit en Inde, dans le Golfe du Bengale, avec ses parents et ses deux frères plus jeunes, Gabriel et Emmanuel. Samuel est en sixième. Samuel est en situation de handicap, il est paraplégique. Il va à l’école, ses deux frères poussent son fauteuil « bricolé » (ils sont pauvres) sur 4 km, cela dure 1h15. Au collège, il est très bien accueilli par ses camarades, c’est un excellent élève. L’école est mixte, garçons et filles sont séparés dans la classe. Ils portent un uniforme. Samuel voudrait devenir médecin pour soigner les gens en situation de handicap.
L’école est très importante dans ces pays et partout dans le monde car elle permet d’acquérir de l’instruction pour pouvoir avoir un métier et une meilleure situation, une meilleure vie.
C’est une chance qu’il faut saisir et apprécier.
CM1

 

Phrases pour réfléchir

 

 

« Qui aime bien châtie bien. »

Si on aime bien quelqu’un, on doit aussi être capable de lui dire quand il se comporte mal, de le réprimander. C’est ce que font les parents et les maîtres et maîtresses.

 

 

 

« Toute peine mérite salaire. »

Tout travail mérite récompense. À l’école, le « salaire » c’est le savoir apporté pour l’adulte ou partagé, c’est les appréciations, les félicitations, les encouragements …
On peut aussi faire des choses de façon bénévole …

 

 

 

« Il n’y a pas de sot métier. »

Tous les métiers méritent le respect. Parfois, des gens se moquent de certains métiers, les rabaissent, ce n’est pas acceptable.

 

 

Réflexions en CM1

 

 

Tolérance …

Nous avons eu récemment un débat en classe au sujet des relations à l’école, entre élèves, de certains comportements, de la tolérance, des discriminations dont on peut malheureusement parfois faire l’objet à l’école ou dans la société, de comment on doit répondre à cela, …

Deux textes et des citations ont alimenté le débat. Voici un compte-rendu de notre débat avec quelques compléments …

Texte 1

L’École des Ronces est une école « comme les autres » … Mais certains élèves y ont de drôles d’habitudes …
Certains élèves veulent faire croire qu’ils sont dans une bande, ils jouent à être de la « racaille » comme ils disent, alors ils emploient souvent des gros mots en récréation ou à la cantine, pas devant les enseignants bien sûr. Ils se moquent de certains élèves, les embêtent, les insultent, les agressent parce qu’ils ne veulent pas faire comme eux, parce qu’ils sont gentils, qu’ils se tiennent bien, ou peut-être parce qu’ils ont de bonnes ou meilleures notes … Ils les menacent et les obligent à faire des choses qui ne leur plaisent pas, s’ils n’obéissent pas, ils ne seront plus copains, ils ne pourront plus jouer avec eux …
Certains s’amusent à faire des bêtises dans les toilettes, ils sont fiers de ça car personne ne les a encore attrapés.

 

Texte 2

JESSY, un petit écolier beauvaisien de 10 ans, a été victime du petit pont massacreur, vendredi dernier, dans la cour de récréation de l’école de l’Europe, à la Soie-Vauban. L’enfant croyait qu’il allait jouer au foot avec ses petits camarades, mais le jeu a rapidement dégénéré. Jessy s’est retrouvé plaqué au sol, frappé à la tête et aux jambes par ses camarades de CM1 et CM2. Les médecins ont diagnostiqué un traumatisme crânien et des contusions aux jambes. Avec un peu d’appréhension, Jessy est retourné à l’école lundi. En revanche, son camarade de classe, lui aussi victime, n’a toujours pas repris les cours. « Depuis que c’est arrivé, mon fils n’est plus tout à fait le même. Pourtant, il est sportif, gardien de but en benjamin à l’ASBO. Mais que se serait-il passé avec un enfant plus fragile ? » A la sortie de l’école hier, le jeu du pont massacreur est sur toutes les lèvres. « C’est des jeux débiles. L’an dernier, c’était le jeu de la tomate, les enfants retenaient leur respiration, lâche une maman. »

Journal Le Parisien 12/12/2008

Nous avons parlé de ces « jeux » qui existent malheureusement encore et peuvent conduire à des actes très graves. Ce ne sont pas des jeux puisqu’ils consistent à faire du mal, physique ou moral.

Discrimination (n.f.) : fait d’isoler une personne sous prétexte de différences sociales (condition, …), physiques (couleur de peau, …) ou religieuses.

L’O.N.U. (Organisation des Nations Unies), dans le Pacte International des Droits Civils et Politiques, condamne la discrimination :
« Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique et de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. » (article 6)

Discrimination physique : on se moque de la taille (petit, gros), du sexe (« Les filles sont nulles au foot ! », « Les garçons sont nuls en danse ! »), d’un bégaiement, de la couleur de peau, de la corpulence, des formes, … On peut aussi se moquer de l’âge (« Les plus vieux ne servent à rien. », pourtant ils ont de l’expérience, on se moque des plus petits, …).

Si on se moque, beaucoup ou pas, c’est pareil.
Si on fait le compte des différences, on est tous différent.
Cela peut blesser.

Si on fait du mal, si on se moque régulièrement, c’est du harcèlement.

Certains menacent d’autres pour leur prendre des affaires, de l’argent, c’est du racket.

C’est la première idée qu’on en a, sans réfléchir, on garde celle-là, c’est une idée reçue, un préjugé.

Sexisme : discrimination sur le sexe, machisme pour les hommes.
Les filles n’avaient pas le droit d’aller à l’école.
Jusqu’en 1970, les femmes n’avaient pas l’autorité parentale.
Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944.
Jusqu’en 1965, les femmes devaient demander à leur mari la permission d’avoir un travail. Discrimination au travail.

L’homophobie est la discrimination à l’encontre des homosexuels.
Les homosexuels sont des garçons ou des filles qui s’aiment.
S’ils sont heureux, tant mieux.

Garçons et filles sont différents : le physique, les habitudes vestimentaires, …

Discrimination sociale : on se moque des habits des autres, ils ne portent pas de « marques », on se moque du travail de l’autre (il n’a pas un bon travail …), on se moque de l’accent, de la famille, de la richesse ou non …
On peut aussi se moquer du nom ou du prénom.

La discrimination fait mal, en parole, en force. Parfois, on en fait sans le savoir. On juge mal les gens, on ne peut pas juger sans savoir.

On peut ignorer, ils vont se lasser, sinon il faut se plaindre, demander d’arrêter. La discrimination peut amener parfois la victime à une situation d’extrême souffrance et même à commettre un acte irrémédiable. Il faut réagir très tôt. Les adultes sont là pour aider à cela.

Aussi si le groupe réagit, le coupable va arrêter ses actes, il ne va plus se croire « tout-puissant ».

Il est souvent très facile en groupe de se moquer plutôt que de montrer du respect, de l’empathie pour l’autre.

Nous avons déjà parlé de la discrimination sur le handicap, une infirmité.

Il y a des lois qui punissent de tels actes.

Racisme : croire qu’il y des races et que certaines sont différentes. On appartient tous à la race humaine, il n’y en a qu’une.

Dire de quelqu’un qu’il est noir, blanc ou rose n’est pas du racisme. On peut dire de quelqu’un qu’il a la peau plutôt rose, mate, brune, etc. Tout dépend aussi du ton employé.

Esclavagisme : les européens ont enlevé des africains pour les amener en Amérique dans les colonies pour la culture du coton, de la canne à sucre.

L’Afrique du Sud a été un pays ségrégationniste (l’apartheid), les États-Unis aussi : les noirs n’avaient les mêmes droits que les blancs.

« Je fais le rêve que les hommes, un jour, se lèveront et comprendront qu’ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères. »

« La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour. »

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons. »
Martin Luther King (1929-1968)

Il demande que les gens ne laissent plus faire. C’est aussi grave, voire plus, de rester indifférent devant des actes racistes, de ne rien faire, de ne pas réagir.

Les gens laissent faire parce qu’ils ont peur. Mais il y a moins de méchants que de gentils

 

Antisémitisme : racisme contre les juifs. Hitler a persécuté et fait tuer des millions de juifs.

 

« Tant que tu ne peux pardonner à autrui d’être différent de toi, tu es encore bien loin du chemin de la sagesse. »
Anonyme

On pardonne à quelqu’un quand cette personne a fait du mal.
Si tu n’acceptes pas la différence, tu ne pourras pas être sage : la sagesse est une façon de se comporter.

 

« Les imbéciles pensent que tous les noirs se ressemblent. Je connais un noir qui trouve, lui, que tous les imbéciles se ressemblent. »
Philippe Geluck, dessinateur, humoriste

Les imbéciles sont les racistes. Les imbéciles, il y en a partout.

On peut faire rire pour faire réfléchir.

 

En CM1

 

Cérémonie

 

Ce matin s’est tenue la cérémonie commémorative de l’armistice du 8 mai 1945.

Enfants, familles, élus, anciens combattants, personnalités, habitants étaient présents pour cet évènement mémoriel intergénérationnel.

Les enfants ont chanté le Chant des marais et le Chant des partisans. Leur prestation a été appréciée par tous, bravo à eux pour leur implication dans le travail mené pour leur participation à cette cérémonie. Merci aux familles de les avoir accompagnés.

Chant des marais (cliquer sur le lien) :

https://ahp.li/a155e459a8e0b8698e58.wav

Chant des partisans (cliquez sur le lien, il y a un peu de « souffle », le vent s’est levé pendant la manifestation) :

https://ahp.li/951b55ee17be89119532.wav

 

 

Un vin d’honneur offert par la Municipalité a clos la cérémonie.

 

 

Histoire du Premier mai

Aujourd’hui, la fête du Travail (ou fête des Travailleurs) est commémorée par un jour chômé le 1er mai dans la plupart des pays ayant institué une telle fête… mais pas dans tous.
En France, dès 1793, une fête du Travail est fixée le 1er pluviôse (en janvier), et fut instituée pendant quelques années par Fabre d’Églantine.

Aux Etats-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là. C’est ainsi que le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs d’obtenir la journée de huit heures. D’autres travailleurs, dont les patrons n’ont pas accepté cette revendication, entament une grève générale. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes à Chicago. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou vendredi noir) malgré l’inexistence de preuves, le dernier s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité. Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés: « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »

Trois ans plus tard, la 2ème Internationale socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution française et l’exposition universelle. Elle décide de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

 

Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts. Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

En 1920, la Russie bolchevique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs. Son exemple est suivi dans la plupart des autres pays.

 

Pie XII institue en 1955 la fête de saint Joseph artisan, destinée à être célébrée le 1er mai de chaque année.

 

En France, au début du XXe siècle, il devient habituel, à l’occasion du 1er mai, d’offrir un brin de muguet, symbole du printemps en Île de France. Une tolérance de l’administration fiscale permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes.

Le 23 avril 1919, le sénat ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée.

 

Le 24 avril 1941, pendant l’occupation allemande, le Maréchal Pétain instaure officiellement le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ». Ce jour devient chômé. La fleur de muguet va en devenir le symbole, remplaçant la fleur rouge d’églantine, symbole révolutionnaire.

 

En 1947, le 1er mai devient de droit un jour férié chômé et payé pour tous les salariés sans conditions (art. L. 222-6 du code du travail français); mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

 

Handicap ?

Suite au film « de toutes de nos forces » passé en classe et à la discussion qui a suivi, nous avons reparlé en classe du handicap ou de la notion de situation de handicap.

Nous avons d’abord cherché la définition donnée par les dictionnaires :
– Désavantage qui met une personne en état d’infériorité (exemple : la timidité) (Larousse junior).
– Déficience physique, sensorielle ou psychologique (exemple : handicap auditif) (Robert junior).
– Déficience physique ou mentale, congénitale ou acquise (Robert collège).

Nous avons ensuite mené une nouvelle discussion dont voici le résumé

Définition de l’O.M.S. (l’Organisation Mondiale de la Santé) : « Les handicaps sont un terme général qui qualifie des incapacités, une limitation des actes de la vie quotidienne et une participation restreinte à la vie sociale ».

Les incapacités peuvent être physiques (on peut avoir été amputé d’un bras), psychologiques (la personne peut avoir des dysfonctionnements au niveau du cerveau) ou sensorielles (la personne peut être sourde).

Différence entre « être handicapé » ou « avoir un handicap » et « être en situation de handicap » : la personne n’est pas tout le temps handicapée, elle peut faire des choses comme les personnes valides.
Avoir un handicap, on peut faire d’autres choses, être handicapé, on n’a que ça, on peut avoir tous les handicaps. Si on dit « être » handicapé, on enferme la personne dans ce handicap, on oublie tout ce qu’elle peut faire à côté.
En France, la loi aujourd’hui dit « en situation de handicap » : la personne est handicapée dans certaines situations mais elle peut aussi réussir comme tout le monde plein d’autres choses et donc être « normale ».
La société doit travailler à s’adapter aux personnes qui la composent, on est d’abord comme les autres, on est en situation de handicap par moments.
Le handicap amène à de nouveaux apprentissages, on va par exemple plus développer un sens. Nous aussi, nous pouvons nous sentir handicapés quand nous perdons nos repères.
Quand on va dans un pays étranger, on peut avoir des difficultés à communiquer, on peut être sujet au vertige en altitude, on peut avoir peur sur les manèges à sensations …
Le mot « handicap » englobe un tas de choses.

Extrait du début de WONDER, dont nous avons lu un extrait du livre et dont nous verrons le film en classe :
« Je ne suis pas un garçon de dix ans ordinaire, c’est certain. Oh, bien sûr, je fais des choses ordinaires. Je mange des glaces. Je fais du vélo. Je joue au ballon. J’ai une Xbox. Tout ça fait de moi un enfant comme les autres. Sans doute. Et puis je me sens normal. Au-dedans. N’empêche, lorsqu’un enfant ordinaire entre dans un square, les autres enfants ordinaires ne s’enfuient pas en hurlant. Quand un enfant est normal, les gens ne le fixent pas partout où il va. Voici mon idée : la seule raison pour laquelle je ne suis pas ordinaire, c’est que les autres me voient comme ça. » August

August nous fait comprendre que c’est d’abord le regard des autres qui crée la différence. Si on le regardait normalement, il ne serait pas en situation de handicap.

Etymologie du mot handicap : « handicap » emprunté en 1827, vient de l’expression anglaise HAND IN CAP signifiant « Main dans le chapeau ». Lors de jeux d’échanges d’objets personnels pratiqués en Grande Bretagne, un arbitre, évaluant le prix des objets, était chargé de surveiller l’équivalence des lots afin d’assurer l’égalité des chances des joueurs. Celui qui recevait un objet de valeur supérieure devait donc mettre une certaine somme d’argent dans un chapeau pour rétablir l’équilibre. Le terme est aussi utilisé en sport, notamment en hippisme où on attribue un handicap au plus fort pour rendre la course plus équitable.

Le maître nous a parlé de Philippe Croizon, nageur de l’extrême qui a traversé la Manche et rallié les cinq continents.
A 26 ans, il a été électrocuté et a perdu les bras et les jambes.

Nous avons visionné visionné 4 petits films dans lesquels Philippe Croizon présente 4 sportifs de haut niveau : Théo Curin, nageur ; Sandrine Martinet, judokate médaillée d’or à Rio; Souad Yamani, joueuse de tennis-fauteuil et Timothée Adolphe, coureur.

http://www.dailymotion.com/video/x2vwgrj_vismonsport-amandine-et-celian-decouvrent-la-natation-avec-theo-curin_lifestyle

http://www.dailymotion.com/video/x2ss041_vismonsport-justine-et-alice-decouvrent-l-athletisme-avec-timothee-adolphe_sport

http://www.dailymotion.com/video/x2o5c07_vismonsport-damien-et-lea-decouvrent-le-tennis-fauteuil-avec-souad-yamani_sport

http://www.dailymotion.com/video/x2m92dn_vismonsport-marie-et-arthur-decouvrent-le-judo-avec-sandrine-aurieres-martinet_lifestyle

On a parlé aussi d’Ibrahim Hamato, pongiste égyptien qui joue en tenant sa raquette dans la bouche et sert en lançant la balle avec son pied, d’Abdellatif Baka, algérien malvoyant médaillé d’or sur 1500 m qui a couru plus vite que les athlètes valides quelques jours plus tôt aux J.O., de Marie-Amélie Le Fur, double médaillée d’or à Rio, de Fabien Lamirault, médaillé d’or en tennis de table, parlé des différentes disciplines, …

« L’aide de l’autre m’est vitale et j’aime à la considérer comme un échange, un moment de partage. Pour les hommes, c‘est peut-être un peu plus compliqué car nous avons un sacré problème : l’orgueil ! » Philippe Croizon
Philippe a besoin d’une aide valide par moments et dans son sport mais les personnes qui l’aident partagent avec lui ses réussites, sa force, ses émotions. Chacun apprend de l’autre.
C’est compliqué : accepter l’aide est compliqué, peut-être aider aussi, car l’être humain est orgueilleux, fier, il n’aime pas montrer qu’il peut être plus faible, il n’aime pas demander de l’aide ou montrer ses sentiments.

« Mon handicap est spectaculaire. Pour qu’il s’estompe, je dois briser la glace. En racontant des blagues, en faisant le bouffon, cela devient possible. Concentrer tous les regards sur mon sourire. Mais l’humour à tout prix n’a pas de sens… Je contrôle sans cesse, dissimule pour leur laisser penser que je suis fort. » Philippe Croizon
Le handicap de Philippe est spectaculaire : il n’a plus de jambes et de bras, ça se voit bien, les autres peuvent montrer de l’étonnement, certains avoir peur.
Grâce à l’humour, Philippe a pu aussi affronter cela. Mais il ne suffit pas toujours d’en rire.

« Les personnes avec un handicap corporel, mental ou psychique sont très souvent confrontées aux inégalités, à la discrimination, parfois même au mépris. » Philippe Croizon
Les inégalités concernent l’accès aux lieux publics (depuis 2005, la loi sur le handicap permet de lutter contre ces inégalités, aux commerces, etc. Il faut aménager des rampes inclinées, installer des portes plus grandes, etc. pour que les personnes en situation de handicap puissent accéder à tout comme les autres.
La discrimination est dans le regard, le comportement des autres.
Les personnes en situation de handicap ont les mêmes droits que les autres.

« En traversant la Manche à la nage, je voulais démontrer que le handicap n’est pas une fatalité. Avec du courage et de la volonté chacun peut, qu’il soit valide ou non, repousser ses limites et accomplir de grandes choses. »Philippe Croizon
Chacun peut réussir ou essayer avec de la volonté.

« Sortir, c’est toujours se confronter au regard de l’autre. »
« L’ennemi absolu, c’est la pitié. » Alexandre Jollien

« Le regard des autres peut nous construire mais il peut nous nuire, condamner, blesser. »  Alexandre Jollien

« Maître, que dois-je faire pour devenir sage ?
– Tu n’as qu’à traîner derrière toi un hareng. » Diogène

Nous avons parlé du philosophe suisse Alexandre Jollien. Quand il est né, il s’est étranglé avec son cordon ombilical et son cerveau n’a pas été oxygéné correctement, il en a des séquelles, il a des difficultés motrices, des difficultés à articuler …
Il raconte l’histoire de Diogène, philosophe grec de l’Antiquité (500 ans avant Jésus-Christ) qui pour répondre à un de ses élèves qui lui demande comment faire pour devenir Sage, lui dit de marcher en traînant derrière lui un hareng …
Alexandre a l’impression de traîner derrière lui un poisson, un poisson imaginaire qui représente son handicap et que tout le monde regarde. Et lui se pose des questions. Il essaie de se détacher de son handicap, de ses souffrances, de dépasser cela pour montrer aux autres qu’il est normal.
Nous avons un effort à faire ou une conduite à tenir : ne pas nous retourner quand on croise une personne en situation de handicap, nous comporter normalement.

On dit souvent « Pauvre garçon ! », « Pauvre petit ! » mais être en situation de handicap n’empêche pas de rire, d’être joyeux. Le handicap, c’est du malheur quand on te regarde mal.
Il ne faut non plus en faire trop, les personnes en situation de handicap peuvent avoir besoin d’aide, elles peuvent avoir besoin d’un certain encadrement, c’est le cas par exemple quand elles sont accueillies en Maison d’Accueil Spécialisée comme à l’Association Marie-Louise ou pour certaines personnes âgées des Serpolets avec qui correspondons.

On ne doit pas forcer l’aide à apporter quand on côtoie une personne en situation de handicap.

Dans Wonder, August dit « Tout le monde mérite une ovation au moins une fois dans sa vie, parce que nous triomphons du monde. »
Nous pouvons tous être heureux ou malheureux, ce n’est pas le handicap qui fait le malheur ou le bonheur. Ça dépend aussi de comment nous sommes les uns avec les autres …
Nous sommes là, nous avons tous les mêmes droits, nous avons tous droit à la reconnaissance … Il n’y ni normal et ni pas normal, nous sommes tous ordinaires …

Les CM1