Printemps des poètes – Édition 2020 : Le Courage


Affiche de Pierre Soulages

C’est un vers de Corneille. Un vieil alexandrin célèbre, à la toute fin du Cid, qui dit le cœur, l’espoir et le triomphe du temps quelque part à Séville :
Espère en ton courage, espère en ma promesse…
Et dans cet hémistiche toute la bravoure du monde roule à l’assaut des siècles, avec tant de constance. Tant de patience passée à la postérité, comme un secret légué, mantra plus efficient que les rudes lois du sang.
Et la vaillance d’outrepasser les règnes, les solitudes, les exils, les douleurs, les aurores et les disparitions.

Nos horloges sonnent l’heure du courage, écrivait Anna Akhmatova à l’hiver 1942.

Tandis que Prévert tordait le cou aux pensées toutes faites dans ses « Adonides » : La guerre déclarée / j’ai pris mon courage / à deux mains / et je l’ai étranglé. Car le mot, trop taillé pour la gloire, a parfois mauvaise presse.

Pourtant le cran. Pourtant l’audace. Pourtant la virtus latine, qui fait dire à Virgile et Apollon d’une même voix : Déploie ton jeune courage, enfant,
c’est ainsi que l’on s’élève jusqu’aux astres.

Cette force d’âme capable de tutoyer les étoiles en appelle aux mots de Desnos, dont Éluard affirmait, devant ses cendres revenues de Terezín, qu’il était la poésie du courage. Une poésie qui se joue la vie, l’amour, la liberté jusque dans la pire des morts.

Avec ce qui me reste de courage, défoncer toute la Nuit, proposait Paul Valet,
tout aussi prompt à mourir.
C’est coton, le courage, même sans être corps et âme en lambeaux.
La course plus que la rage. La lumière à foudroyer le noir. Comme s’il n’y avait qu’un poète pour dire cet éclat d’être sans orgueil. Cette témérité de la langue qui vous mène plus loin que la vue ne peut voir. Cette intrépidité de la parole qui nous fait défaut.
Cette endurance à Raturer outre. Ce souci du poème.

Je vais droit au jour turbulent, annonçait André du Bouchet.

Que l’on se nomme Blaise Cendrars ou Benjamin Fondane, Charlotte Delbo ou Sylvie Brès, Juan Gelman ou Ludovic Janvier… Tous ont osé. Et la frappe, la vitalité de l’écriture, le prodige de l’énergie poétique de nous révéler encore et toujours.

Sophie Nauleau


Pour cette 22e édition qui se tiendra du 7 au 23 mars 2020, nous vous proposons, comme d’habitude, un corpus de poèmes (non exhaustif bien-sûr) ainsi que le portfolio du site du Printemps des poètes pour les élèves et des propositions pour lire, dire, écrire de la poésie avec sa classe :

Cette année, de nouvelles propositions :

Pour participer, il suffit de choisir une (ou plusieurs) des contraintes de mise en voix ou d’écriture proposées puis de l’envoyer à gdml.31@ac-toulouse.fr.

Les productions envoyées à l’adresse ci-dessus seront consultables pendant la Quinzaine et au-delà sur les murs d’affichage numériques (Padlet) et sur les pages dédiées des sites Art et Culture et Numérique Éducatif dont les liens se trouvent ci-dessous :

Acrostiches
Dire et se dire… à l’infini
Je me souviens…
Atelier d’écriture poétique cycle 3 (GFEN)
Le site du numérique éducatif 31
Le site Arts et Cultures 31

Vous avez aussi la possibilité de télécharger l’affiche de l’édition 2020 (attention aux recommandations d’utilisation).